Extrait sonore

Chère G.Clara Kessous,

Je vous remercie des efforts que vous fournissez pour mener à bien cette entreprise théâtrale. (...)
Je crois que Mme Lemarchand est, au fond, une pauvre femme, un être plongé dans l'affliction depuis longtemps. Rien ne peut me faire plus plaisir que de voir ressortir, dans le jeu de la comédienne, cette dimension douloureuse et pathétique de Mme Lemarchand- car, n'est-ce pas, les monstres n'existent pas. Quant au rôle de Franck, je comprends à quel point il peut être frustrant pour un comédien: il est dur de se taire, d'encaisser, de se laisser bâillonner ainsi, tout en ne quittant pratiquement pas la scène. Il demande, ce rôle, une certaine abnégation. Alors merci d'accepter cela, merci de vous confronter à ces difficultés!

Bien à vous, Marie NDiaye

Extrait de la pièce:

'Mme LEMARCHAND. - Savez-vous ce que me rappelle Hilda, bien sanglée dans ce tissu à carreau un peu épais, un peu raide, et ses fines jambes charmantes et droites qui s'agitent là-dessous aussi rapidement qu'elles le peuvent? Surtout lorsqu'Hilda lève les bras, Franck, comme elle le fait à cet instant, regardez, pour attrapper le ballon, elle me rappelle irrésistiblement la petite danseuse au fond de la bouteille de cognac. Tournez la clé, Franck, et la danseuse tourne et tourne en battant élégamment de ses jambes graciles, toute menue et empesée, au rythme d'une musique de pacotille.[...]Si gracieuses, Franck, si frêles et pourtant inaccessibles à moins de casser la bouteille. Hilda est ma petite danseuse de chair, Franck, tout au fond, tout au fond de son flacon...'

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