(From "J'ai un arbre dans ma pirogue")

La danse ou la mer et le chant partagé, un grand soupçon
bleu dans tes yeux noirs, au réveil la nuit et l’aurore se
rassemblent sous la fenêtre, nos rires, t’en souviens-tu,
étaient un poème de clarté offert à la nuit, ô nuit secrète de
mai où les mains partaient comme des barques sur les
océans insensés, corps et fruits, terre et lune, nous avons
traversé les collines d’ombres et nous avons découvert
sans questions ni réponses que l’amour avait en cette nuit
plus de ciels que d’étoiles, et mots et chairs unis dans la
blessure, et voix et corps ballottés, le désir nous a surpris en
pleine mer avec nos testaments et nos cœurs qui saignent
d’un rouge vif, et cette chanson qui rappelle l’horizon de
tous les malheurs, et les sermons et les odeurs, et les regrets
mille fois redits, et demain, et demain qui recommence
l’éternité et la braise qui se consume entre feu et eau, et ce
fut la première fois, et légende cette chose sans nom qui
porte l’écho du bonheur

 

©Rodney Saint-Eloi

 
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